Posts Tagged ‘lituanie’

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Lituaniens et (le) Russe(s)

17 février 2009

C’est ainsi, en raison de l’occupation de plus de quarante ans, que les Lituaniens âgés de plus de 18 ans, parlent tous le russe. Mais bien qu’on puisse s’estimer heureux de parler leur russe à eux, qui leur permet de lire Dostoïevski dans le texte, il équivaut comme je l’ai appris depuis peu au français que l’on parle en Algérie : tout comme le voyageur français reconnaît cet accent et ces tournures pas-de-chez-nous- qui- le- font- sourire, les Russes reconnaissent ces Lituaniens qui parlent le russe comme vous et moi.

 

Bien que d’une façon générale on puisse se réjouir d’avoir été contraints à apprendre une aussi belle langue, elle crée des dilemmes encore aujourd’hui. Par exemple, si je décide de prendre un trolleybus et que je demande lequel il faut prendre aux dames qui attendent le leur, elles m’écouteront parler lituanien, et comprendront à peu près de quoi il s’agit, davantage en devinant le nom du lieu que j’indique…Mais elles me répondront en russe. Je cherche désespérément un aborigène, et souvent je finis par repartir à pied. Si je souhaitais prendre le taxi, ce serait le même problème, ils me parleraient en russe, et ce serait presqu’une aubaine de tomber sur un chauffeur Lituanien. Dernièrement, il semble soit que la population de chauffeurs lituaniens ait augmenté, ou alors que j’ai tout simplement arrêté les taxis : c’est à vous de me dire.

 

La première fois que je suis venue ici, il y a dix ans, nous marchons dans la vieille ville, rue Piliès ; nous sommes entrées dans un magasin pour acheter du renfort. Une des touristes avait remercié la vendeuse d’un spasiba, avec un grand sourire, heureuse d’avoir pu communiquer dans sa langue. L’amie qui était avec nous avait interrompu son action, tourné la tête, fusillé du regard la malheureuse touriste bien intentionnée et lui avait rétorqué : Spasiba is russian. Here we say ačiū… Depuis ce jour j’ai concentré toutes mes forces de me souvenir que merci se disait comme quand on éternue. La raison de cette sécheresse autochtone, est due au fait que les gens, assimilent les Baltes à ces flémards de Slaves, insulte suprême s’il en est.

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Independance day: 16th Febuary

16 février 2009

Aujourd’hui, 16 février, est le jour de l’indépendance de la Lituanie, qui il y a dix huit ans était sous le joug soviétique. Voici une histoire vraie de l’époque.

 

Mon amie G, que certains d’entre vous connaissent car elle vit maintenant à Paris, fréquentait une des nombreuses écoles de la capitale. La maîtresse commença à leur sortir des photos de vieux monsieurs barbus . En montrant l’une d’elles, la maîtresse dit aux enfants : «  Et voici votre grand-père».

G. leva alors le doigt ; G. était une élève vive, passionnée, sérieuse et appliquée : la maîtresse se réjouit donc de lui donner la parole. (Je la soupçonne même d’avoir été la chouchoute de la maîtresse jusqu’à l’histoire que je m’apprête à vous conter).

« Madame, il doit y avoir une erreur. Vous pensez bien que je connais bien mon grand-père et ce n’est pas ce monsieur là ». Observant le visage incrédule de la maîtresse, G., pédagogue, mit son explication plus à la portée de son professeur : « J’ai mes propres grand-pères à moi ». (Aujourd’hui G. n’a rien perdu de la personnalité unique qui la distinguait déjà à cinq ans).

Cependant, ce désaveux de ne pas appartenir à la même famille que tous les autres camarades de classe, était bien loin d’amuser la maîtresse, prise en flag’, et qui, ébranlée, avait cherché quoi répondre aux nombreux spectateurs du drame qui était en train de se jouer, dont la moyenne d’âge tournait autour de cinq ans. (Il fallait que ce branle tombe pile le jour, où, par enchantement, les élèves étaient tous silencieux et attentifs, et où ils pointaient fidèlement leur regard bleu inquisiteur sur la malheureuse servante de la Patrie). Le temps s’arrêta, dans ce silence tremblement de terre. En effet, plus la maîtresse s’obstinait à expliquer à G. que Lénine était bel et bien son grand père, plus G. insistait pour dire qu’elle était absolument certaine qu’il ne s’agissait pas de lui, et qu’elle en était tellement certaine que demain, elle lui apporterait une photo, et qu’elle pouvait même lui apporter non pas un, mais ses deux grands-pères si la situation l’exigeait. La maîtresse pourrait ainsi vérifier par elle-même, et voir si ces personnes correspondaient au vieux monsieur rabougri de la photo. Parce qu’elle, qui parlait d’expérience du haut de ses cinq ans, était absolument sûre que le monsieur sur la photo -du reste, mort de surcroît – n’était pas son grand père, car les siens étaient vivants, tous les deux. En plus, ni l’un ni l’autre, ne s’appelaient pareil que ce « Lénine » que la maîtresse avait confondu avec la famille K…. Bref : il y avait là grosse grosse erreur, et G. était déterminée coûte que coûte, à tirer la maîtresse de son ignorance tant  pour le bien de ses camarades, qui avaient écouté tout cela sans broncher, que pour celui de la maîtresse. L’heure était grave, G. se sentie investie d’une grande mission pour le bien être de l’humanité : est-ce qu’on a déjà vu ça des maîtresses qui se trompent ? Non : il fallait sauver la maîtresse ! (Ce que Goda, préoccupée uniquement par l’honneur de ces ancêtres, ignorait par la force des choses, était que jamais l’axiome selon lequel « il vaut mieux entendre ça que d’être sourd », n’avait semblé à la maîtresse moins vrai qu’à ce moment-là de sa destinée).

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Sur Crime et Châtiment : avis des spectateurs

11 décembre 2007

Voici quelques paroles de spectateurs sur le spectacle de Gintaras Varnas, au théâtre des Gémeaux…

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Crime et Châtiment: l’envol du corbeau

3 décembre 2007

Gintaras VarnasGintaras Varnas a pris son envol vers Vilnius avec sa troupe d’acteurs, aujourd’hui le 3 décembre.

La veille la directrice du Théâtre des Gémeaux Françoise Letellier a invité la troupe à un dîner chaleureux au cours duquel les acteurs lituaniens ont chanté des chansons traditionnelles. Ils ont également signé l’affiche du graphiste Michel Bouvet qui ira dans le bureau de Françoise Letellier.

L’actrice Jurate Onaityte ( Katarina Ivanovna, et Hedda Gabler) a offert un collier en ambre royal et brun (Gintaras) à Françoise Letellier.

Vitorija Kuodyte également cantatrice a tenu à rendre hommage à Françoise Letellier en lui dédiant une chanson.

Toute l’équipe des Gémeaux s’est montrée enchantée de travailler avec des artistes aussi humbles et sincères. Les tehniciens lituaniens qui communiquaient en polonais avec le directeur technique des Gémeaux, Chrisitian Hérouard, ont préparé des cadeaux surprises pour l’équipe technique des Gémeaux. Entre les Français et la Lituaniens la communication passe à merveille à travers le regard.

Deux articles élogieux sont parus dans le Figaro et dans Libération du 30 novembre.

Françoise Letellier et toute l’Equipe des Gémeaux se montre désireuse de retravailler prochainement avec les artistes Lituaniens.

Bref Varnas skenda!

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Crime et Châtiment : Consécration et Salvation

25 novembre 2007

Aux deux premières représentations qui se sont déroulées à Sceaux au théâtre des Gémeaux, le public a ovationné le spectacle debout et a applaudi les acteurs jusqu’à ce que ceux-ci applaudissent à leur tour le public! Une consécration pour un théâtre de Kaunas en faillite, au moment où les acteurs qui y ont travaillé toute leur vie doivent se réorienter dans un pays où il n’y a ni retraites, ni de congés-chômage pour les « intermittents « . Statut qui n’existe pas du reste puisque les acteurs sont fonctionnaires en Lituanie.

Anecdote : la troupe n’avait pas pu jouer à Avignon parce que les intermittents ont fait grève l’année où celle-ci y avait été invitée… Les acteurs lituaniens s’étonnaient et demandaient de quoi il pouvait bien s’agir, et au jour d’aujourd’hui, ils n’ont toujours pas compris de quoi il s’agissait. Mais à leur arrivée, le  jeudi 22 novembre à Paris les transports étaient en grève…

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Actualité: Nusikaltimas ir bausmė (Crime et Châtiment) par Gintaras Varnas

9 octobre 2007

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Crime et Châtiment de G. Varnasnusikaltimas_042.jpg

Théâtre des Gémeaux
(49 Avenue Clémenceau
92330 Sceaux
RER B Bourg la Reine 
tél : 01 46 60 05 64)

du 23 nov. au 2 déc.
du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 17h

En lituanien surtitré, traduction d’André Markowicz

CRITIQUE. Gintaras Varnas a lui-même traduit et adapté pour la scène le chef d’œuvre de Dostoievski, dont il a condensé les mille pages en quatre heures. Mais lorsqu’on assiste à ce spectacle entrecoupé par deux entractes, il semble ne durer que le temps d’un entracte. Cette fois, les spectateurs et les acteurs ont changé de place. Les spectateurs sont assis sur scène, et regardent la salle où ils sont assis habituellement. Dans cette salle, séparée par un écran se tiennent deux marionnettes : il s’agit des deux victimes de Raskolnikov, qui observent la scène depuis l’au-delà. Les sièges de la salle s’élevant au fur et à mesure des rangs, donnent à voir un cimetière éternel, que viennent peupler les nouveaux morts pendant le spectacle (M. Pertrovna, Marmeladov, K. Ivanovna, Svidrigailov ) Read the rest of this entry ?

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Lietuvos Teatro Akademija

7 octobre 2007

Les acteurs lituaniens fascinent par leur habileté, l’énergie de leur interprétation, la force et l’originalité de leurs propositions, leur polyvalence. Le secret de leur art réside en l’Akademija : l’unique école d’art dramatique fondée sur les principes russes de Stanislavski. Les metteurs en scène et chorégraphes auditionnent en trois tours des candidats qu’ils formeront pendant quatre ans : 20 à 25 élèves sont choisis sur leur potentiel, mais seulement une dizaine vont jusqu’au diplôme. Les environ 4000 m2 que fait l’Akademija, sont à la disposition des élèves pour répéter. Le coût à l’année est de 1600 litas, c’est à dire moins que le salaire moyen mensuel d’un acteur.

Il y a deux formules : la formule 20% de danse et 80% d’art dramatique, et la formule inverse. Autour de ces principales disciplines : acrobatie, mime, chant, diction, déplacement scénique etc. Mais les élèves y font aussi leurs « humanités » : lituanien, anglais, littérature, interprétation des textes, histoire du théâtre, de l’art, du costume, psychologie. C’est donc aussi une université d’où l’on sort diplômé après passage d’examens écrits, Magister en poche. Jonas Vaitkus monstre de la mise en scène et collaborateur de Jonas Mekas est sans conteste le plus grand pédagogue de Lituanie, et compte parmi ses élèves Ingeborga Dapkūnaitė, Oskaras Koršunovas et Gintaras Varnas.

Eva Guerda