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Quel Dianostic pour le Christ, Bouddha, Ramakrishna, Teresa de Avila, Juan de la Cruz, par Stanislav Grof, The Ultimate Journey

21 novembre 2008

ULTIME_VOYAGEDans cet extrait de l’Utime Voyage le docteur Grof fait la synthese des diagnostics de la psychologie traditionnelle concernant les grandes figures spirituelles -le Christ, Ramakrishna, Bouddha – de l’Humanité

 

 

Les psychologues traditionnels interprètent généralement toutes les expériences visionnaires y compris celles des fondateurs des religions, de leurs saints et prophètes comme des manifestations de sérieux problèmes mentaux, même s’il n’y a pas d’explication médicale qui viennet confirmer ce point de vue. Dans ce contexte-là aucune distinction n’est faite entre une expérience mystique ou spirituelle et une expérience psychotique- les deux sont vues comme des processus pathologiques d’étiologie inconnue. En rejetant la religion, la psychiatrie traditionnelles ne fait pas la différence entre les croyances traditionnelles primitives ou l’interprétation des fondamentalistes des écritures d’une part et des traditions mystiques sophistiquées, et les philosophies orientales fondées sur des siècles exploration et d’introspection systématiques de la psyché d autre part. La littérature psychiatrique contient de nombreux articles et livres qui traitent de ce que serait le diagnostic le plus approprié pour bon nombre des plus grandes figures de l’histoire spirituelle (Vondraček et Holub 1993).

Les cliniciens modernes voient généralement les personnages religieux de la stature d’un Bouddha d’un Jésus-Christ, d’un Ramakrishna et d’un Sri Ramana Maharshi, comme souffrant de schizophrénie ou d’une autre forme de psychose, parce qu’ils interprètent les expériences visionnaires des maîtres spirituels comme des hallucinations et leurs idées comme des illusions. Dans la même veine, Saint Jean de la Croix a été qualifié de « dégénéré héréditaire », Sainte Thérèse d’Avila une « hystérique psychotique sévère » et les expériences mystiques de Mohammed ont été attribuées à l’épilepsie. De la même façon, des anthropologues instruits se sont demandés si les chamanes devaient être diagnostiqués comme étant des schizophrènes, des psychotiques ambulants, des épileptiques ou des hystériques. Le célèbre psychanalyste Franz Alexander, connu pour être l’un des fondateurs de la médecine psychosomatique, a écrit un essai dans lequel la méditation bouddhiste est décrite en termes psychopathologiques et appelée «  catatonie artificielle » (Alexander 1931). Le jugement académique le plus favorable jusqu’à présent concernant le mysticisme, fut la conclusion du Comité de Psychiatrie et de Religion du Groupe pour l’Avancement de la Psychiatrie intitulé «  Le mysticisme : Quête Spirituelle ou Désordre Psychique ? ». Ce document publié en 1976, concéda que le mysticisme pouvait bien être un phénomène qui se trouve quelque part entre la normalité et la psychose.

La religion et la spiritualité ont été des forces de l’histoire de l’humanité et de la civilisation extrêmement importantes. Si les expériences visionnaires des fondateurs des religions, des saints et des prophètes n’étaient que des produits de processus pathologiques affectant le cerveau, il serait difficile d’expliquer pourquoi des millions innombrables de personnes ordinaires  ont trouvé de telles expériences inspirantes et pourquoi elles leur ont permis de façonner leurs vies, sans parler de l’influence profonde que les idées religieuses ont eu sur l’histoire commune à travers les siècles. Et si nous considérons les créations extraordinaires inspirées par les grandes religions du monde, des peintures, sculptures et musiques sacrées de tous les âges à couper le souffle jusqu’aux temples hindous, les mosquées musulmanes et des cathédrales gothiques, il est absurde de les considérer comme les hallucinations et les désillusions d’individus psychotiques. La vie rituelle et spirituelle a joué un rôle cardinal dans chacune des cultures anciennes ou préindustrielles. L’approche actuelle de la psychiatrie occidentale et de la psychologie, fait non seulement de la vie spirituelle, mais aussi de la vie culturelle de tous les groupes humains à travers les siècles, des pathologies. Selon ce point de vue, le seul groupe sain et normal, serait celui de l’élite éduquée de la civilisation industrielle occidentale, qui partage le point de vue matérialiste et athéiste du monde.

Comment la religion aurait-elle pu influencer l’histoire du monde de manière aussi profonde si la vie rituelle et spirituelle était fondée sur des hallucinations des illusions et des superstitions totalement infondées ? Pour exercer un effet tellement puissant la religion doit clairement refléter un aspect très profond et authentique de la nature humaine, aussi problématiques et distordues que soient les expressions de cette sagesse originelle. Par bonheur, la recherche sur la conscience moderne des cinquante dernières années a généré une grande quantité d’informations fascinantes qui offre de nouveaux points de vue à la spiritualité en général, et au problème de la littérature eschatologique et de la survivance de la conscience après la mort, en particulier.

 

 

 

Stanislav Grof p 122 The Ultimate Journey, (L’Ultime Voyage), à paraître chez Guy Trédaniel

 

 

Pour lire davantage d’extraits du docteur Grof, lire la categorie Grof, ou cliquer ici pour la distinction du docteur Grof entre religion et spiritualité 

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