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Crime et Châtiment : Consécration et Salvation

25 novembre 2007

Aux deux premières représentations qui se sont déroulées à Sceaux au théâtre des Gémeaux, le public a ovationné le spectacle debout et a applaudi les acteurs jusqu’à ce que ceux-ci applaudissent à leur tour le public! Une consécration pour un théâtre de Kaunas en faillite, au moment où les acteurs qui y ont travaillé toute leur vie doivent se réorienter dans un pays où il n’y a ni retraites, ni de congés-chômage pour les « intermittents « . Statut qui n’existe pas du reste puisque les acteurs sont fonctionnaires en Lituanie.

Anecdote : la troupe n’avait pas pu jouer à Avignon parce que les intermittents ont fait grève l’année où celle-ci y avait été invitée… Les acteurs lituaniens s’étonnaient et demandaient de quoi il pouvait bien s’agir, et au jour d’aujourd’hui, ils n’ont toujours pas compris de quoi il s’agissait. Mais à leur arrivée, le  jeudi 22 novembre à Paris les transports étaient en grève…

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6 commentaires

  1. Ayant eu la chance d’assister à la première, je n’ai vraiment pas été déçu et le spectacle a dépassé les espoirs que ton article avait éveillés chez moi ! L’acteur principal (Gytis Ivanauskas) est tout simplement hallucinant et parfait pour le rôle de Raskolnikov, à bouger, se plier, se torturer, changer d’expression tout le temps, passant de la souffrance à l’orgueil, de la rage à l’abandon. Tous les autres personnages étaient aussi parfaitement interprétés. Quant à la mise en scène, outre tout ce que tu avais déjà noté dans ton article, j’ai adoré les barres (parallèles puis en escalier) dans lesquelles se tordait Raskolnikov, entre la toile d’araignée, les méandres de sa folie, les cheveux où se cachent les poux, ou encore l’étage supérieur aux autres humains sur lequel il évolue (ou croit évoluer).
    Il se passait tellement de choses sur scène qu’on ne savait plus où donner de la tête… d’autant qu’on avait du mal à lire les sur-titres, mais ce problème technique était vraiment le seul point négatif de la soirée de vendredi. Bravo au metteur en scène et à tous les acteurs ! Merci à Eva 🙂


  2. Merci de ce beau commentaire et de cette belle compréhension esthétique. Merci de ton ouverture d’esprit!


  3. Je trépigne d’impatience! Coincée dans les embouteillages du périphérique à l’heure où commençait la représentation tant attendue (Eva me parle depuis plusieurs années de ce spectacle et ses derniers articles ont ravivé le souvenir de nos discussions), je devrai attendre la semaine prochaine pour voir enfin ce chef d’oeuvre…


  4. C’est invraisemblable. Quand on dit aux gens « ce soir, je vais voir Crime et Châtiment au théâtre », ils croient que vous vous êtes trompés. Et il y a de quoi, parce que c’est impressionant. Je me souviens du sentiment de malaise qui m’avait habitée durant les 600 pages de lecture du bouquin. Et Varnas réussit ce tour de force de 1/concentrer les 600 pages en moins de 4h 2/recréer sur scène l’atmosphère de malaise qui se dégage des pages au fil de la lecture.
    Je veux surtout saluer la performance (et c’est vraiment une performance) de l’acteur qui joue Raskolnikov, Gytis Ivanauskas. Magnifique tout simplement : d’abord parce qu’il a probablement la tête que Dostoïevski avait imaginé pour son personnage. Ensuite, parce que le personnage en question habite le corps de l’acteur du bout des cheveux au bout des orteils, dans les expressions (qu’on a la chance de voir de près grâce à la caméra placée au centre de la scène), dans la démarche, et les gestes hésitants, effrayés, incertains. Vraiment, il in-carne le personnage.
    Pour ce qui est de la mise en scène, comme il est expliqué dans votre article, les spectateurs sont placés là où, normalement, devrait se trouver la scène. Nous ne sommes plus spectateurs des errances de Raskolnikov, nous devenons partie intégrante de son drame, face aux morts (placés dans les vrais gradins) qui nous observent à leur tour.
    J’ai trouvé également géniale, l’idée du canapé roulant qui se déplace de gauche à droite et de droite à gauche tout au long de la pièce, et qui illustre selon moi les va-et-vient de l’anti-héros. Entre culpabilité et auto-justification, il hésite et balance.
    Grande mise en scène donc, haute en symboles, portée par un Raskolnikov qui n’aurait pu être joué par quelqu’un d’autre que Gytis Ivanauskas. Parfait. Le théâtre français a du souci à se faire.


  5. Comme il est agreable de lire de tels compliments vis-a-vis d’artistes lituaniens sous la plume de spectateurs francais. Je souhaite que de nombreux autres decouvrent, non seulement le theatre, mais tout l’art lituanien et contribuent ainsi a effacer cette indifference, voire ce mepris, vis-a-vis de la Lituanie en France.

    Un amical clin d’oeil a Eva, notamment quand elle souligne que, a chaque fois que les acteurs de Kaunas viennent en France, ils tombent sur une grande greve. Eh oui, apres on s’etonnera qu’ici la France apparaisse comme la championne du monde des greves!!

    Gilles, a Vilnius (Lituanie)


  6. Merci à tous d’avoir pris la peine d’écrire toutes ces belles choses si vraies.
    Merci à YG pour sa générosité, etsa très exacte observation du specatcle.
    En effet Gilles, les Grèves que les acteurs lituaniens ne peuvent pas se permettre cette fois n’ont porté aucun préjudice au spêctacle.
    Triomphe: article dans le Figaro et Françoise Lettelier va les inviter à nouveau! Et dimanche pour la dernière nous aurons la présence de Monsieur le ministre et embassadeur Giedrius Cekuolis.

    je vous embrasse

    eva



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